Note de la rédaction : Lancé par l’Agence chinoise de coopération internationale pour le développement (CIDCA) et organisé par l’Académie chinoise pour le commerce international (Academy for International Business Officials, AIBO) du ministère du Commerce chinois, un séminaire sur le partage des connaissances en matière de développement pour les pays en développement s’est tenu du 15 au 28 avril. Le programme a réuni 31 représentants venus de différents pays, dont le Panama, la Macédoine du Nord, le Cap-Vert, la Gambie, la Grenade, l’Afrique du Sud, le Nigeria, le Sri Lanka, et l’Ouganda. Un jeune employé de Tlou Dunes Tourism Consulting, une société de conseil en tourisme basée en Afrique du Sud, a acquis des connaissances approfondies grâce au programme de formation et a consigné ses réflexions à son retour.
Dans mon pays natal l’Afrique du Sud, la Chine reste pour beaucoup un trésor méconnu. Malgré son patrimoine culturel riche et sa longue histoire, ainsi que ses accomplissements remarquables en matière de développement, le pays demeure peu connu, voire mal compris. Au cours des dernières décennies, la Chine a évolué pour devenir un pays sûr, économiquement prospère et technologiquement avancé. Elle s’impose aujourd’hui comme l’un des exemples remarquables de modernisation en matière de développement stratégique et de gouvernance à long terme.
Expérience d’apprentissage en classe
Grâce à ce programme de formation, j’ai pris conscience qu’il n’existe ni modèle de développement universel ni réponse toute faite quant à ce à quoi un pays « devrait ressembler ». L’approche de la Chine s’est au contraire révélée hautement adaptable et expérimentale, profondément ancrée dans sa propre histoire et ses réalités.
Ce qui m’a le plus impressionné lors du séminaire, c’est la capacité de la Chine à concilier planification nationale et dynamisme du marché. Le marché assure l’efficacité et l’ampleur des activités économiques, tandis que l’État joue un rôle stratégique en orientant le développement, en soutenant les secteurs clés et en corrigeant les déséquilibres.
Un autre thème central du séminaire portait sur l’importance des économies d’échelle et des capacités industrielles. Les dirigeants chinois ont très tôt compris que le développement exigeait une accumulation de capital, des économies d'échelle et la mise en œuvre délibérée d’industries stratégiques.
L’attitude de la Chine face au développement mondial et à la coopération internationale a également occupé une place importante au sein du séminaire. Les intervenants ont souligné que l'essor des pays du Sud constitue l’une des forces transformatrices les plus importantes du XXIe siècle. Les pays en développement disposent d’atouts considérables, notamment d'une population jeune, d’abondantes ressources minérales et des marchés de consommation en expansion.
Des visites sur le terrain
J’ai participé à de nombreuses visites de terrain. En visitant le hall d’exposition de la China Railway Construction Corporation, j’ai appris comment intégrer la construction d’infrastructures dans la planification nationale. L’ampleur et la sophistication du réseau ferroviaire chinois reflètent non seulement une ambition en matière d’ingénierie, mais aussi une philosophie de développement axée sur la connectivité, la logistique et l’intégration économique. Les infrastructures de transport sont considérées comme un moteur essentiel de la croissance industrielle, du développement régional et du tourisme.
Au Beijing Institute of Genomics (Chinese Academy of Sciences/China National Center for Bioinformation), la discussion a porté sur l’innovation en matière de technologies biomédicales et la coopération internationale sous l’angle d’une « nouvelle force productive de qualité ». Des chercheurs démontrent comment la Chine a réalisé une transition d’une croissance à forte intensité de main-d’œuvre vers des industries à forte intensité de connaissances, grâce à des investissements substantiels dans les biotechnologies, la génomique, le diagnostic et la médecine de précision.
Dans la zone de développement économique et technologique de Pékin, également connue sous le nom du E-Town de Pékin, j’ai été témoin des progrès rapides de la Chine en matière de technologies liées aux véhicules autonomes et aux véhicules à énergies nouvelles. L’intégration de l’intelligence artificielle (IA), de l’automatisation et de politiques industrielles écologiques illustre la transition de la Chine qui est passée d’un modèle de développement privilégiant la rapidité à un modèle axé sur la qualité, la durabilité et une croissance portée par l’innovation.
Mon voyage à Shenzhen, métropole de la province du Guangdong, s’est révélé particulièrement enrichissant. Ancien petit village de pêcheurs, Shenzhen est devenu l’un des principaux pôles d’innovation au monde. Nous nous sommes rendus à la Chambre de commerce de l’électronique de Shenzhen, où les discussions ont porté sur le rôle de l’industrie de la fabrication électronique et des petites et moyennes entreprises dans la stimulation de la croissance économique.
Lors de la visite à la China Society of Automotive Engineers, j’ai pu constater une fois de plus l’engagement de la Chine en faveur de l’innovation. Les laboratoires dédiés aux systèmes de contrôle des batteries, aux essais de véhicules intelligents et aux technologies des véhicules électriques ont démontré la détermination de la Chine à maintenir sa compétitivité mondiale dans le secteur de la mobilité du futur.
Ce séminaire m’a permis de comprendre que l’ascension de la Chine ne doit rien au hasard. Elle résulte plutôt de la conjugaison du pragmatisme, de la discipline, d’un esprit tourné vers l’expérimentation, d’une capacité stratégique à l’échelle nationale et d’une planification à long terme.
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