Note de la rédaction : Lancé par l’Agence chinoise de coopération internationale pour le développement (CIDCA) et organisé par le centre de formation aux métiers de l’audit du Bureau national de l’audit (BNA) de Chine, un atelier destiné aux responsables de l’audit des pays de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) s’est tenu avec succès du 23 au 29 juin. Le programme a réuni 35 représentants issus des principales institutions d’audit et des organismes gouvernementaux compétents des dix États membres de l’ASEAN. Yosua Peranginangin, qui travaille au sein du Conseil d’audit d’Indonésie, a suivi le programme de formation en Chine et a partagé ses expériences inoubliables.
En arrivant sur le sol chinois pour la première fois, j’ai ressenti un mélange de trois émotions : de l’enthousiasme, une pointe d’appréhension et la découverte d’une chose nouvelle. En effet, le parfum délicat du thé est présent presque partout. Avant le déroulement de l’atelier, j’ai profondément ressenti la beauté de l’harmonie propre à la culture chinoise — une beauté ancrée dans une hospitalité sincère, le respect mutuel et une inclusivité totale. De l’accueil chaleureux aux attentions minutieuses, j’ai l’impression que le séjour était bien plus qu’un simple échange professionnel.
L’atelier s’est tenu du 23 au 29 juin à Nanjing et à Yancheng, dans la province du Jiangsu. Ce programme qui dure plusieurs années est destiné à des responsables de l’audit issus des pays de l’ASEAN. Il s'agit d'un exemple de coopération entre les organismes de l’audit de l’ASEAN et le Bureau national de l’audit (BNA) de Chine. Le BNA a soutenu de manière constante et résolue le développement des organismes d’audit de l’ASEAN et constitue leur principal partenaire stratégique de développement.
Ce voyage revêt une grande importance pour moi. Non seulement c’est ma première fois en Chine, mais aussi mon tout premier voyage d’affaires à l’étranger. Je n’ai aucune expérience des voyages d’affaires à l’étranger, et pourtant, l’anxiété que je ressens va bien au-delà de cela. J’étais ravi de pourvoir représenter l’organisme d’audit indonésien à l’étranger. Pourtant, n’ayant que peu d’expérience en matière de séminaires internationaux, j’éprouvais également une certaine appréhension à l’idée de participer à l’organisation d’une conférence réunissant des délégués de nombreux pays.
Avant de venir en Chine, je ne connaissais ce pays qu’à travers des photos et des actualités sur internet, principalement liées à son économie, à son industrie manufacturière, à ses infrastructures et à ses technologies. Toutefois, après plusieurs jours d’échanges avec mes homologues chinois, j’ai réalisé que les réalisations de la Chine allaient bien au-delà de la réussite économique.
J’ai été surtour impressionné par l’équilibre que la Chine s’efforce d’atteindre entre le développement économique et la protection de l’environnement. J’ai appris une citation du chef d’Etat chinois : « Les eaux limpides et les montagnes luxuriantes sont aussi précieuses que l’or et l’argent ». Ces mots sur l’avancement de la civilisation écologique m’ont fait réfléchir : la protection de l’environnement n’est pas un obstacle au développement, mais plutôt un atout à long terme.
Ce programme m’a également permis de mieux comprendre l’approche chinoise en matière d’audit de la sécurité sociale et la manière dont les ressources publiques peuvent être allouées aux personnes les plus démunies. J’ai réalisé que l’audit ne se limite pas à la vérification de chiffres, à l’examen de documents et à l’inspection de processus. Il peut constituer un moyen efficace de garantir la bonne utilisation des fonds publics.
La riche expérience de la Chine en matière de gestion budgétaire publique et d’audit gouvernemental a également retenu mon attention. Bien que la conception de son système d’audit et les pratiques qui y sont associées soient différentes de celles de l’Indonésie, j’ai noté que chaque pays doit élaborer un système d’audit adapté à son contexte social et à sa structure administrative.
Un autre point marquant relève des efforts déployés par la Chine pour appliquer les technologies à l’audit, un domaine particulièrement pertinent pour une initiative de recherche sur l’audit de l’ASEAN que je dirige. Le BNA préside actuellement le Groupe de travail sur les mégadonnées de l’Organisation internationale des institutions supérieures de contrôle des finances publiques (INTOSAI) et partage son expérience lors de réunions bilatérales et multilatérales. Afin de mieux comprendre les pratiques de collecte et d’utilisation des données des États membres de l’ASEAN, la partie chinoise a mobilisé des experts pour fournir des conseils personnalisés et des solutions pratiques, adaptés aux besoins et aux défis spécifiques de chaque pays. Ces conseils se sont avérés extrêmement pertinents et immédiatement applicables.
Les études ne se limitent pas aux salles de formation. Mes homologues chinois nous ont montré comment les drones étaient utilisés dans les audits environnementaux, permettant ainsi aux auditeurs d’accéder à des sites autrefois difficiles d’accès et de les évaluer. J’ai consulté les archives d’audit de la Chine ancienne au Musée de l’audit de Chine à Nantong et j’ai mieux compris comment des concepts tels que la responsabilité et l’obligation de rendre des comptes étaient perçus et appliqués depuis des siècles.
Vers la fin de mon séjour en Chine, nous avons effectué une enquête sur place à Yancheng, afin de nous renseigner sur les mesures prises par le gouvernement local en matière de protection de l'environnement et sur les procédures de travail de son service d’audit.
Ce qui est le plus inoubliable, c’est la sincérité fervente et les attentions délicates de mes collègues du BNA de Chine. Ils ne m’ont pas traité comme un simple participant à une conférence, mais plutôt comme un vieil ami. Malgré les différences de langue et de parcours, nos échanges et notre collaboration se sont déroulés avec une aisance et une harmonie remarquables. Je suis rentré avec une valise remplie de souvenirs, mais les trésors les plus précieux que j’ai rapportés ce sont des enseignements inestimables et des souvenirs qui réchauffent le cœur.
J’espère pouvoir retourner un jour en Chine. Mais pour l’instant, je suis impatient de partager cette expérience d’apprentissage enrichissante avec mes collègues, ma famille et mes amis.
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